Depuis 4 mois et demi, le pays est toujours en confinement :
Les transports publics sont toujours suspendus. Pour le moment, la pandémie semble avoir fait un nombre limité de victimes, mais si l’extension de la maladie devait s’amplifier il y aurait des conséquences terribles pour les plus pauvres en raison de l’immense promiscuité qui règne dans les bidonvilles et de l’accès quasi impossible à des soins médicaux lourds.
La fin de l’année scolaire était prévue pour fin mars : 
Pas d’examen, pas de cérémonies pour la remise des diplômes.
Au foyer, tout se passe bien :
les garçons sont très entourés et bien occupés. Les enfants ne paraissent pas trop affectés par la situation sanitaire, d’autant qu’ils ne regardent pas la télévision. Ils ont l’insouciance de l’enfance qui leur permet de continuer à rire et à jouer.
Les enfants ont eu des cours de soutien scolaire, des activités sportives, manuelles, récréatives... Les éducateurs font preuve d’un dévouement extraordinaire, car la plupart sont toujours confinés sur place depuis plusieurs mois.
La situation est bien différente pour les 68 enfants que nous suivons et qui vivent dans leurs familles : 
Ils sont confinés dans des conditions très précaires. Ils vivent des moments bien difficiles. Les parents ne peuvent pas sortir de chez eux et aller travailler et gagner le minimum nécessaire à la survie de leurs familles.
Il y a quelques jours, le foyer a eu l'autorisation d'aller à la rencontre des familles pour leur apporter de la nourriture et des produits de première nécessité. Cela a été une grande aide pour ces familles et ces enfants. L’école aurait dû reprendre début juin, mais tout est encore à l’arrêt. En principe, les écoles resteront fermées tant qu’un vaccin ou un traitement contre la COVID ne sera pas trouvé.
Les cours en primaire et en secondaire ne reprendront qu’à la fin août : 
uniquement « par correspondance » ou par internet. Cette dernière option sera impossible pour les enfants des bidonvilles qui n’ont bien sûr pas d’ordinateur. Des manuels et des cahiers seront donnés aux enfants qui devront étudier seuls et les parents remettront les devoirs aux enseignants.
Pour les jeunes en post-secondaire, tous les cours auront lieu par internet. Ceux pour qui cela impossible auront l’autorisation de prendre une « année sabbatique » et de reprendre leurs études l’an prochain…
Nous craignons que le décrochage scolaire soit un risque pour beaucoup d’enfants et de grands jeunes.