Aux Philippines, le bilan du typhon Ketsana, qui a provoqué les pires inondations depuis quarante ans, n'en finit pas de s'alourdir. Le gouvernement philippin a revu nettement à la hausse, mardi 29 septembre, le nombre de décès, qui s'élèveraient à au moins 240 morts, et fait état de 375 000 sans-abri.

Les quatre cinquièmes de la capitale, Manille, qui compte 15 millions d'habitants, ont été atteints par les eaux.

Réfugiés dans des gymnases, des écoles ou d'autres abris de fortune, des sinistrés, peu habitués des lieux, ont également afflué mardi matin au palais Malacanang de Manille, siège de la présidence philippine, ouvert exceptionnellement par Gloria Arroyo. Des vivres leur ont été distribués.

Les pluies torrentielles qui se sont abattues samedi neuf heures durant sur la région de Manille ont aussi provoqué des glissements de terrain meurtriers dans la province adjacente de Rizal. Ce déluge a des conséquences d'autant plus dramatiques que Manille est construite sur une plaine alluviale, avec un réseau d'égouts vétuste ou inexistant, en particulier dans les bidonvilles, où s'entassent près de deux millions de personnes et où la densité de la population peut atteindre 80 000 habitants au kilomètre carré. En moyenne, les trois quarts des familles des bidonvilles à Manille sont des résidents à long terme, certains depuis deux décennies. Leurs populations sont les plus vulnérables aux catastrophes naturelles.

Trois jours après le passage de Ketsana, les autorités, qui ont lancé, lundi 28 septembre, un appel à l'aide internationale, admettent qu'elles sont débordées par l'afflux de sans-abri. Selon un dernier bilan, les autorités estiment à 1,94 million le nombre de sinistrés, sur les 92 millions d'habitants que compte le pays, alors que 319 547 personnes ont trouvé place dans des centres d'accueil d'urgence.

"Près de 80 % des centres de santé sont détruits à Manille, et à l'est de la ville le sol est recouvert de 30 centimètres de boue", a indiqué Elizabeth Byrs, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). L'organisation onusienne, qui prévoit de lancer ces prochains jours un appel de fonds, a envoyé sur place une équipe chargée d'évaluer les besoins. "La priorité c'est la distribution de la nourriture et de médicaments pour les sans-abri et les personnes entassées dans les bâtiments publics et les églises", a souligné Mme Byrs.

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